
Champions s’ouvre aux Challengers en 2026, et c’est bien plus qu’un slogan: c’est une refonte de l’écosystème qui réunit enfin les meilleures équipes montantes et les ligues internationales sur la route de Shanghai. L’accès à Champions se jouera via les Playoffs de l’Étape 2, avec l’intégration de quatre équipes Challengers par région directement dans les ligues internationales pour disputer la qualification.
Cette nouvelle “Path to Champions” enterre l’Ascension et promet un circuit plus perméable, plus méritocratique, et surtout à fort enjeu. Entre format “do‑or‑die” sur tous les événements VCT, aides financières dédiées et partage de revenus, Riot veut transformer l’ascenseur compétitif en autoroute. Voici ce qui change concrètement, région par région, et ce que cela implique pour les organisations et les joueurs.
La “Path to Champions” remplace l’Ascension
À partir de 2026, l’Ascension disparaît au profit d’un mécanisme direct: quatre équipes issues des Challengers par grande région rejoignent les ligues internationales pour l’Étape 2, et se battent pour une place à Champions. Ce n’est plus un tournoi séparé: l’accès se joue au cœur du calendrier VCT.
L’objectif est double: récompenser immédiatement la forme du moment et valoriser les scènes nationales/régionales en leur offrant une rampe vers les plus grandes scènes. Les équipes Challengers ne montent pas pour “faire de la figuration”: elles entrent en lice au plus fort de la saison, là où se décident Masters et Champions.
Riot confirme qu’une réouverture plus large de l’écosystème est visée en 2027, mais dès 2026, la priorité est mise sur un chemin court et lisible. Résultat: davantage d’enjeux localement, et une diversité accrue des styles de jeu au plus haut niveau.
Allocations régionales: Amériques, EMEA, Pacifique… et Chine à préciser
Amériques: quatre billets Challengers vers les Playoffs de l’Étape 2. Le 1er de NA et le 1er du Brésil se qualifient directement; LATAM Nord/Sud se disputent une place; le dernier ticket passe par un LCQ réunissant le 2e NA, le 2e BR et le finaliste LATAM. Une architecture conçue pour refléter la profondeur de NA et BR tout en laissant une porte ouverte compétitive à LATAM.
EMEA: la répartition passe par un système de points et de placements, afin d’englober la richesse de la région et ses multiples sous-ligues. Ce modèle donne de la valeur à la régularité au fil de la saison et encourage les circuits domestiques à structurer des pics de forme alignés sur l’Étape 2.
Pacifique: un slot pour l’Asie du Sud-Est, un pour le Japon, un pour la Corée, plus un dernier via un LCQ combinant l’Asie du Sud, l’Océanie et le SEA. Côté Chine, les détails seront précisés selon les annonces enclenchées à l’automne 2025, la région opérant son propre VCT itinérant.
Formats 2026: du “high‑stakes” à chaque étage et un calendrier mondial
Riot bascule tous les événements VCT en format “high‑stakes, do‑or‑die, bracket‑style play”. Le Kickoff adopte une triple élimination sur trois jours, avec un qualifié par jour vers Masters Santiago. Avant les playoffs, “tous jouent le même nombre de matchs”, une manière d’équilibrer exposition, rythme et équité compétitive.
Masters passe à 12 équipes, avec un premier arrêt à Santiago, tout premier événement global en Amérique latine, puis Londres pour le deuxième Masters. Les week‑ends de Playoffs de l’Étape 2 se transforment en “destination events”, des rendez‑vous scéniques au public local et international. Côté Chine, le VCT se déplace sur cinq villes en tournée.
Point d’orgue: Champions 2026 se tiendra à Shanghai, confirmé officiellement par Riot le 1er août 2025. Un symbole fort pour une scène chinoise en pleine croissance, et un challenge logistique à anticiper pour les équipes qui sortiront des Challengers.
Aides financières et partage de revenus: vers une soutenabilité réelle
Chaque équipe Challengers qualifiée aux Playoffs de l’Étape 2 reçoit 75 000 dollars pour “assister aux déplacements, visas et participation”. Le message est clair: “Our goal is to make it easier for top Challenger teams to attend…”. L’objectif est de réduire la barrière à l’entrée dans les ligues internationales.
Sur le partage de revenus, les Challengers qui atteignent Champions auront “le même accès” aux revenus des objets numériques liés à Champions, ainsi qu’au prize pool de l’Étape 2. Cela aligne les incitations et permet aux organisations non partenaires de capter une part significative de la valeur créée.
Côté soutenabilité, Leo Faria (Head of VALORANT Esports) souligne que Riot a partagé “bien plus de 80 M$ aux équipes” en 2025. Riley Yurk ajoute qu’une équipe Challengers qui atteint Champions 2026 peut “gagner plus de 700 000 $”. De quoi financer des rosters ambitieux et des structures pro.
Règles d’éligibilité: rosters, académies, imports et transferts
Les équipes académiques deviennent inéligibles dès 2026, et la “relegation protection” prend fin. Les équipes affiliées restent autorisées, mais les transferts sont gelés pendant l’Étape 2 et Champions: il faudra construire des rosters résilients avant le sprint final.
L’âge minimum est fixé à 18 ans en Chine et 16+ ailleurs, un cadre qui tient compte des spécificités régionales. Les ligues EMEA, Amériques et Pacifique autorisent jusqu’à deux joueurs “imports”, ce qui apporte de la flexibilité sans dénaturer l’identité régionale.
Pragmatiquement, les équipes devront anticiper leurs fenêtres de recrutement, aligner leur staff juridique et opérations pour les visas, et verrouiller les contrats avant le gel. L’exigence n’est plus seulement sportive: elle est également administrative.
Du mode Premier aux Challengers: zones, ligues et la fin de VCL Océanie
Riot détaille les “gamepods”/zones qui alimentent les Challengers: au total, 14 ligues Challengers en 2026. Le chemin Premier → Challengers est clarifié, avec un maillage régional plus dense pour repérer et propulser les talents.
VCL Océanie s’arrête, mais une route demeure via le LCQ Pacifique , une passerelle cruciale pour l’écosystème OCE. Dans l’APAC/SEA, refonte en profondeur avec des qualifiers locaux dédiés (Thaïlande, Indonésie, Vietnam, Philippines, et “Rest of SEA”).
Ces vainqueurs accèdent directement aux Playoffs de l’Étape 2, et l’exclusivité de diffusion disparaît: l’écosystème s’ouvre à YouTube et Twitch. Résultat attendu: plus de visibilité, plus d’audiences locales, et un effet d’entraînement pour les sponsors.
Conséquences sportives: intensité, upsets et nouvelles histoires
Le passage généralisé au “do‑or‑die” resserre la variance et magnifie la forme du moment. Les équipes Challengers auront de vraies chances d’upset sur un bracket court, tandis que les structures établies devront s’adapter à des pics de pression plus fréquents.
L’intégration en Étape 2 favorise des styles hybrides: métas régionales, agents de niche et maps spécifiques peuvent créer des chocs de préparation. Les analystes devront lire des adversaires moins “scoutés” et réagir plus vite entre les séries.
Surtout, ce système redonne la main aux performances: une storyline claire, où les rois locaux peuvent conquérir la scène mondiale en quelques semaines. Pour le public, c’est la promesse de récits renouvelés à chaque saison.
Feuille de route pour les organisations et joueurs
Planification opérationnelle: anticipez les visas, les calendriers de bootcamps et les contraintes de travel. Les 75 000 $ couvrent une partie des coûts, mais la discipline budgétaire reste clé, surtout pour des rosters multiplateformes ou multinationaux.
Conformité et roster building: sécurisez vos contrats avant le gel des transferts de l’Étape 2/Champions, contrôlez l’âge et le statut d’import, et bannissez les structures académiques du projet sport. La profondeur de banc et la polyvalence d’agents deviennent des assurances anti‑aléas.
Monétisation: capitalisez sur le partage de revenus (objets Champions, prize pool Étape 2) via des stratégies de contenu et de fan engagement. Le passage vers Shanghai 2026 est une histoire à raconter: merch, watch parties, et activations locales peuvent amplifier les retombées.
En 2026, VALORANT remet les clés de la scène mondiale aux meilleurs Challengers. Entre soutien financier, formats à élimination haute pression et calendrier global, la voie est tracée de la scène locale jusqu’à Shanghai.
Pour les équipes, le message est limpide: performance, préparation et professionnalisation paieront, parfois au‑delà de 700 000 $. Pour les fans, c’est l’assurance d’une saison haletante, où chaque week‑end peut fabriquer un nouveau prétendant au titre.